La famille Alaoui-Sossi
Sa femme et leurs trois enfants tiennent aujourd'hui le camping qu'il a voulu : un lieu ouvert à tous.
Notre père
Fondateur du camping, mort le 29 mai 2013
Il a grandi à l'orphelinat de Meknès. Il est parti en France, il y a travaillé, il y a fondé une famille. Puis il est revenu ici construire ce camping.
À Lyon, il a fait beaucoup de métiers : vendeur dans un vidéoclub, gérant d'hôtel, chauffeur poids lourd, plombier. Il a dirigé la maintenance d'un centre pour réfugiés politiques, il a été animateur pour les enfants, puis il a monté sa propre entreprise. La menuiserie, il l'avait apprise au Maroc.
Il ne séparait pas son travail de ce qu'il faisait pour les autres. En 2006, il écrivait qu'il voulait embaucher des jeunes de l'orphelinat où il avait grandi, et que le camping devait rester accessible à tout le monde.
Nous avons besoin de nombreux petits projets qui à leur façon touchent la population.
Lettre du 27 novembre 2006
En France
À Lyon, il a fondé avec sa femme une association pour les gens de son quartier : chômeurs, familles en difficulté, personnes seules. On y venait chercher de l'aide pour trouver du travail, remplir un dossier, passer un mauvais moment.
Il a organisé des campagnes de dépistage du diabète et accompagné des familles dans leurs démarches, pour la santé comme pour le travail. C'est ce qu'il a voulu continuer au Maroc.
Et chaque Noël, il y avait un repas pour ceux qui n'avaient pas de quoi fêter, avec des jouets récoltés dans les écoles. Le Père Noël, c'était lui.
Nous avons voulu réunir toutes les familles touchées par ce fléau.
À propos du chômage, dans la presse lyonnaise, 1995
Août 2010
Le projet était bloqué depuis cinq ans. En août 2010, près d'Al Hoceima, sur la plage de Thara Youssef, notre père a pu parler de vive voix à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en présence de ses trois enfants.
Le soir même, le centre régional d'investissement l'appelait pour signer l'autorisation d'exploiter. Le permis de construire est arrivé en septembre, et le camping a ouvert moins d'un an plus tard.
À Lyon, il fonde une association pour aider les chômeurs et les familles.
Après le séisme d'Al Hoceima, un semi-remorque part de Lyon avec des vivres, des couvertures et des fauteuils roulants.
Il propose un centre d'apprentissage pour vingt jeunes à Béni Boufrah, puis commence les démarches pour le camping.
Des véhicules de secours récupérés en France partent pour Béni Boufrah et Imrabten.
Le 1er juillet, après six ans de démarches et huit mois de chantier, le camping ouvre.
Pour ce projet, il a fermé son entreprise et mis toutes ses économies. Il y a eu des années de blocages, il n'a pas lâché. Il a vu le camping ouvrir. Il est mort moins de deux ans après, des suites d'un accident de la route près d'Al Hoceima. Nous avons continué.
Les amis de Cala Iris
Depuis des dizaines d'années, des gens de toutes origines et de tous milieux sont passés ici, et beaucoup sont devenus des amis.
Chacun à sa manière a aidé à construire le camping, à le faire grandir et à le faire durer. Certains du vivant de notre père, d'autres après son départ. Ce site leur doit aussi beaucoup.
Ceux qui font le camping
Sa femme présidait déjà Agir et Entreprendre en 1994. Leurs trois enfants ont grandi avec ce projet : les courriers, les chantiers, les étés sur place.
Quand il est mort en 2013, nous avons décidé de continuer. Ce camping, c'est ce qu'il nous a laissé.
Sa femme et leurs trois enfants tiennent aujourd'hui le camping qu'il a voulu : un lieu ouvert à tous.
Deux piliers de l'équipe, présents depuis les premières années. Après le départ de notre père, ils sont restés. Indéfectibles.